LE MARCHE EUROPEEN DU MIEL
Avertissement

Le document de base ayant servi à cette synthèse est le document COM(94) 256 publié par la Commission Européenne au Journal Officiel (2). Ce document retrace la situation de l'apiculture jusqu'en 1993 (1).

Production, importations et exportations

L'apiculture européenne présente une situation hétérogène tant au niveau de la production qu'au niveau de la commercialisation.

L'Europe a toujours été déficitaire en miel et a donc besoin d'importer près de la moitié du miel qu'elle consomme auprès des grands producteurs mondiaux que sont la Russie, la Chine, les Etats-Unis, le Mexique et l'Argentine. La production mondiale a d'ailleurs connu une très grande progression entre 1982 et 1992 (3).

PRODUCTION MONDIALE DE MIEL
(en milliers de tonnes)
Pays 1990 1992
Ex-URSS 236 231
Chine 147 192
USA 90 95
Argentine 57 61
Turquie 55 55
Inde 51 51
Mexique 66 48
Canada 32 30
Australie 21 20
Union Européenne 116 126
TOTAL MONDE 1170 1166
Sources : FAO, US Department of Agriculture

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En Europe, les trois premiers producteurs de miel sont la France, l'Allemagne et l'Espagne avec respectivement 36, 25 et 25 milliers de tonnes en 1992.



La production européenne, quant à elle, est en croissance depuis 1987 même si l'on a pu observer un léféer fléchissement en 1991. La balance comerciale de l'Union, comme nous l'avons déjà dit est déficitaire. Les principales importations proviennenet de l'Argentine, du Mexique et de la Chine. Au niveau intra-communautaire, c'est principalement vers la France, les Pays-Bas et l'Allemagne que se font les exportations.








La consommation de miel

La consommation apparente est en légère progression depuis 1987 (+13 % entre 1987 et 1992). Elle est estimée à 250.000 tonnes en 1992 soit près de 700 g par habitant. Les plus grands consommateurs de miel sont les grecs avec 1.6 kg par habitant suivi par les allemands (1.3 Kg) et les danois (1 kg). Les français consomment près de 700 g, soit la moyenne de consommation de l'Union, alors que les belges en consomment en moyenne quelques 500 grammes.

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Apiculteurs et ruches

En Europe (EUR12), le nombre d'apiculteurs était de 435 000 en 1992. 3.1 % d'entre eux sont des professionnels. Le nombre de ruches est de l'ordre de 7 500 000 dont 3 160 000 sont des ruches appartenant aux professionnels. En moyenne, les apiculteurs amateurs possèdent près de 10 ruches alors que la moyenne pour les professionnels est de 237 ruches. Les graphiques ci-après présentent la situation de chaque Etat Membre.









Production par types de miel

Environ deux tiers de la production européenne en 1992 était du type "toutes fleurs" avec des différences assez marquées entre le Nord et le Sud. Dans le Sud, on note une assz forte proportion de production de miels variés comme la Grèce (sapin et thym), Portugal (Lavande). A noter que pour la France et l'Espagne, le miel de colza et de tournesol est inclus dans la catégorie "toutes fleurs".



Structure du marché

Le marché du miel se caractérisait jusqu'en 1992 par une distinction très marquée entre miel de table et miel industriel. De manière globale, on peut estimer que 85 % de la consommation de l'Union est relative au miel de table, bien que dans certains pays, cette proportion soit plus faible (Italie, 60 % seulement). L'appréciationpar les consommateurs se fait en fonction de l'origine, de la couleur, de la texture et de la variété botanique. Une étude sur les habitudes de consommation fait apparaître que la couleur claire et la texture liquide sont plus valorisées par le consommateur qu'une couleur sombre et une texture crémeuse. Un autre indication est la préférence nationale par rapport aux miels importés.

En termes de prix, le miel "toutes fleurs" est meilleurs marché. De fait, le miel avec mention de la spécialité botanique est plutôt réservé aux connaisseurs qui préfèrent payer plus cher pour du miel avec des caractéristiques organoleptiques ou thérapeutiques associées à l'espèce botanique.

Sur le marché, le miel est en concurrence directe avec les confitures, les gelées, les pâtes à tartiner chocolatées. Les consommateurs sont attirés par ces produits de par leur prix moins élevés sans donner de l'importance à la valeur nutritive du miel.

Au niveau de la distribution, on distingue les conditionneurs-producteurs (artisans, vente directe aux consommateurs), les conditionneurs-coopérativistes (regroupement de production et commercialisation auprès du secteur de distribution) et enfin, les conditionneurs (achats nationaux et importations, vente au secteur de la distribution et à l'industrie). A ces catégories s'ajoutent les importateurs (sans opérations de conditionnement) qui vendent aux conditionneurs et les industries (achats aux importateurs).

Les ventes directes aux consommateurs par les apiculteurs artisans représentent environ deux tiers de la production avec des différences selon les pays allant de 60 % à 75 % de vente directe.



(1) La présente synthèse est une synthèse personnelle. Celle-ci n'engage nullement la responsabilité de la Commission Européenne
(2) JO C 61 du 28.2.1994
(3) Source FAO